Une mise en son de haute qualité de fin du monde par T'off et ses kolokalos, entre autres chauses.




 

juste avant que ça commence on faisait de l'eau de vie

 


repasse




Nous allons avoir des morts. Mais on en avait déjà depuis longtemps. Si si, sous les grosses pierres. On n'en veut plus ? ils sont morts de vivre, toutes et tous, ils sont morts de vivre, depuis le début. De toutes les façons, de toutes les manières, toujours imprévisibles, toujours avec l'autour. et là, jean claude coronavirus arrive. et ils voudraient un tapis rouge spécial pour lui, LE risque de l'année 2020. Immanent. Omniscient. Genre entité maléfique. Ça met de l'action, ça fait des émotions. ça claque : le combat contre les forces du mal. Sauf que c'est la vie. On arrête pas de conduire parce qu'il y a des morts sur la route, on interdit pas les couples parce que des mecs butent leur femme tous les jours, on interdit pas les immeubles parce que c'est haut. oui mais. contagion.

peur

 

ah. on va mourir plus que d'habitude.
non.
On a peur de mourir plus que d'habitude.
Jean machin et ses discours, il y est pas pour rien.
ET l'état, même dans cet état j'en veux pas. pas. surtout dans cet état.
pas besoin de papa, de pompier pyromane, à part le temps de filer la
main pour éteindre leur putain de feu. Le virus voyage à la vitesse du
débit sanguin dans les veines de l'humanité. Le virus se répand à notre
vitesse, c'est notre temps qui nous connecte à tout, tout le temps et
partout, c'est lui qu'on a rendu invisible et insaisissable. le petit
parasite n'est que le voyageur, nous sommes la compagnie de wagon-lit,
humanité express, on organise, on réceptionne, allez cette fois c'est
pandémie tour. Ça change des bombes atomiques, on y croyait plus. C'est
le roi, l'empereur, le prince, le prévôt, le pape. C'est le président,
le banquier, l'avocat. c'est le marchand de marchandises marchandes.
Ceux qui possèdent et ceux qui savent, c'est en pack. C'est eux qui ont
fait de l'humanité des grands chants de monocultures qui résistent mal à
tout mais produisent toujours plus. Alors l'état voilà. Il faut toujours
qu'il fasse de grandes solutions. le papa. il faut vivre comme-ci, il
faut mourir comma-ça, jusqu'à la dernière minute de la fin du monde il
vont nous professer, nous ordonner, nous contrôler, nous surveiller,
nous punir. Ils ne nous aime pas, ils nous foulent, ça leur donne la
sensation d'avoir les pieds sur terre. ils nous emmerdent.
on survivrait mieux de nous laisser mourir en paix. je crois.
en se roulant des pelles dans les cheveux et se touchant les doigts.
les bourses se cassent la gueule. joie. on a appelé l'armée.
pas de débat, c'est long, faut aller vite.
faut aller vite.
dépêche.
crève
cours
crève
tousse
suffoque
laisse venir la peur


mementomori1

guerre

 
de la continuité mort-vie, du "danger" d'être en vie, du risque.
Il y a de la mort dans la vie. Si c'est un danger, alors il est
permanent et indétournable. On n'échappe pas à la mort. Enlever de la
vie le risque de mort, c'est enlever la vie. Et mourir quand même,
inéluctablement. Mourir plus tard ? A quoi bon si c'est en attendant de
vivre ?
Les hopitaux sont débordés, débordés du désir de sauver tout le monde.
Ils éspèrent endiguer la mort, rien de moins. La vie est plus grande que
les hopitaux. Aucune chance de trouver là un équilibre quelconque. Les
hopitaux prennent soin de celles et ceux qui en ont le plus besoin.
C'est formidable et ils ne pourront jamais faire plus. A moins de
transformer l'humanité en un produit au sein d'un processus industriel :
production, traitement, conditionnement, stockage. Les interactions
autorisées ne sont plus que virtuelles. La liberté est désormais
contenue dans la fibre optique. La vie est derrière la fenêtre.
Comment cela s'arrêterait-il ? A quel moment on ne sera plus considérés
comme coupable de crime contre l'humanité pour avoir accueilli un ami à
bras ouvert, pour avoir trinqué avec des inconnus ? A quel moment pourra
t-on à nouveau laisser s'exprimer la joie d'être au monde, danser
ensemble, chanter en se tenant les épaules, manger avec les doigts dans
le plat commun ?
Ma fille de 4 ans demande une grande fête avec pleins d'enfants. Parce
que sa vie d'enfant de 4 ans ne se conçoit pas "plus tard". Comment se
fait-il que ce ne soit plus cruel d'empêcher un enfant de jouer avec
d'autres enfants ?